Parc national de la Guadeloupe
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La passe à poissons de la prise d’eau de Bras David montre déjà son efficacité

 
Une prise d’eau en limite de cœur de Parc

La prise d’eau Bras-David se situe sur la rivière Bras-David, commune de Petit-Bourg, site de l’INRA. Elle est en limite du cœur du Parc National de la Guadeloupe.
Cet ouvrage alimente le secteur en eau potable, eau industrielle et eau d’irrigation. Il est propriété du département de Guadeloupe. Le gestionnaire de cette prise est la Nantaise des eaux service.

 

Un Contexte réglementaire

La continuité écologique a été introduite par la Directive Européenne Cadre sur l’eau en 2000, reprise dans la loi sur l’eau et les milieux aquatiques en 2006 et la loi Grenelle II. Toutes ces lois fixent un objectif aux états membres de l’Union Européenne, à savoir, le bon état écologique des eaux de surface pour 2015.
L’état écologique est apprécié au niveau de la qualité chimique de l’eau et de la qualité hydrobiologique du milieu aquatique. Cette dernière est conditionnée par la continuité écologique qui se définit comme « une libre circulation des espèces biologiques, dont les poissons migrateurs, dans la rivière et un bon déroulement du transport naturel des sédiments ».

 

Prise d'eau de Bras David © Parc national de la Guadeloupe
Prise d'eau de Bras David © Parc national de la Guadeloupe
Une Mesure Charte

Le projet de restauration de la continuité écologique de la prise de bras-David s’inscrit dans la mesure 2.1.1.2 de la Charte de Territoire du Parc National de la Guadeloupe: « Préserver les milieux d’eau douce ».

 

Un projet en quatre phases

Le projet a démarré en 2012. Une convention à été signée entre le Parc National de la Guadeloupe, L’Université Antilles-Guyane, Le Conseil Général de la Guadeloupe (propriétaire de l’ouvrage), l’ONEMA et la Nantaise des eaux service (gestionnaire de l’ouvrage); pour la mise en œuvre d’un aménagement de type passe à poissons-crustacés, adapté aux espèces locales et aux conditions climatiques particulières sur la prise d’eau de Bras-David.

 

  • La première phase : étude de la définition de la perméabilité de la prise d’eau

Elle s’est déroulée de janvier 2012 à juillet 2012.
Lucie Sidaine, étudiante en Master 2 ECOTROP (UAG), a réalisé son stage de fin d’études sur ce thème.
Cette étude confirme la nécessité d’aménager l’ouvrage. La prise d’eau fait effectivement obstacle à la remontée des espèces: 75 % des ouassous inférieurs à 65mm et 100 % des colles-roches inférieur à 70 mm ne peuvent pas franchir l’ouvrage.

  • La deuxième phase : élaboration d’un cahier des charges pour le dimensionnement des ouvrages de franchissement. Exemple d’un cas particulier : la prise d’eau de Bras-David

Elle s’est déroulée de mai 2012 à décembre 2013.
Philippe Braran, ingénieur au Pôle Ecohydraulique de l’ONEMA a effectué une mission d’expertise du 02 mai 2012 au 12 mai 2012 sur la prise d’eau de Bras-David. L’objectif de cette mission était de définir la topographie de l’ouvrage, de repérer les voies d’eau permettant le passage des crustacés, d’évaluer les capacités de franchissement des espèces pour in fine, rédiger un cahier des charges des clauses techniques, précisant les dimensionnements à respecter pour la construction de l’ouvrage type passe à poissons/crustacés, adapté aux espèces locales et aux conditions climatiques particulières (cyclones, carêmes importants...).

  • La troisième phase : travaux de construction de la passe à poissons-crustacés

Les travaux se sont déroulés du 9 janvier 2014 au 25 mars 2014.
Ils sont réalisés par le Conseil Général de la Guadeloupe. La construction de cette passe se base sur les plans transmis par l’ONEMA.

  • La quatrième phase : évaluation de l’efficacité de la passe à poissons

Les premières pêches réalisées par le personnel du PNG ont montré l’efficacité de cet ouvrage. Ainsi, la prise d’eau est plus perméable et permet la remontée d’individus de plus petites tailles.
Les ouassous les plus petits pêchés en amont font désormais une taille moyenne de 40 mm, contre 65 mm auparavant.

 

Le PNG espère que ces résultats très encourageants montreront aux différents gestionnaires des prises d'eau de Guadeloupe, l’intérêt et la nécessité de se conformer à la loi.