Parc national de la Guadeloupe
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Argia concinna, capture d’un moment unique ...

La diversité et la variabilité des types de zones humides en Guadeloupe, lui valent la plus importante richesse de Libellules, à l’échelle des Petites Antilles.

Au mois d’Octobre, les agents du pôle coeur forestier du Parc national sont tombés par hasard, sur une espèce de Libellule assez commune en Guadeloupe : La fameuse Demoiselle Argia concinna … en pleine ponte !

 

Tu peux apercevoir sur cette vidéo, des mâles Argia concinna en position de tandem avec les femelles. Mais que font elles réellement ? Elle sont en fait, en pleine phase de ponte !

Peut être te questionnes tu, sur la raison pour laquelle ces individus adoptent une telle position ?

Il arrive parfois, qu’un mâle parvienne à prendre la place d’un autre. Si c’est le cas, celui ci enlèvera la semence du précédent avant d’y apporter la sienne !

Le mâle protège donc sa future descendance, et s’assure que la ponte ne sera pas interrompue par un autre prétendant.

Durant la ponte, la femelle d’Argia concinna, à l’aide de son ovipositeur (organe permettant la fécondation et la ponte des œufs), dépose ses œufs dans l'eau, sur des débris végétaux, des pierres ou des troncs.

Il arrive même que celle-ci s'immerge totalement dans l’eau ! De cette ponte, s’en suivra la naissance de petites larves.

 

Le cycle de vie d’une Libellule est intriguant, et pourtant souvent méconnu. On associe en effet souvent la libellule à l’individu terrestre volant, mais on en oublie qu’avant d’en arriver là, un long chemin a été parcouru. Les Libellules connaissent trois grandes étapes majeures au cours de leur vie…Les deux premières phases se déroulent en grande partie en milieux aquatiques ! Figure-toi qu’avant d’être un bel insecte terrestre et volant aux couleurs parfois multiples, la libellule prend tout d’abord la forme d’un œuf, puis d’une larve.

En fonction des espèces, ces trois grandes phases différeront.

Image éclosion des œufs argia concinna

Nos chers insectes les libellules, font parties de l’ordre des Odonates. Au sein de cet ordre, on retrouvera deux sous-ordres : les Zygoptères ou Demoiselles, et les Anisoptères communément appelées Libellules. Ceux ci se différencient principalement, de par leur morphologie variable.

Larve de Zygoptère, issue du livre de F.Meurgey et L.Picard "Les Libellules des Antilles françaises"

Les Demoiselles au stade adulte, plus fines et plus petites, disposent d’ailes de formes égales.

Au repos, les deux paires d’ailes (antérieures et postérieures) sont repliées ou entrouvertes au dessus de l’abdomen.

Leur tête, à l’allure rectangulaire, dispose de deux yeux séparés l’un de l’autre.

La larve de Demoiselle est assez mince et allongée.

 

Demoiselle ou Zygoptère

Les Anisoptères, sont à l’inverse composées d’un corps plutôt massif, avec leurs deux paires d’ailes non égales.

Au repos, toutes les ailes sont posées à plat.

Les yeux occupent 80 % de la tête et lui donnent une allure globuleuse.

La larve d’Anisoptère est également plus robuste.

 

Larve anisoptère
Libellule ou Anisoptère
2800 espèces de Zygoptères / 2900 espèces d'Anisoptères

 

Manman Dlo chanje li en Zinglèt !

En créole guadeloupéen, la Libellule se fait appeler « Zinglèt » ou ZingZing. On peut assimiler « Zinglèt » à quelqu’un de frêle à l’allure plutôt hésitante, maladroite. Une des légendes caractéristiques en Guadeloupe concernant les Libellules, raconte que Manman Dlo, la gardienne des eaux, aurait un jour puni un jeune homme lui refusant de lui donner de l’eau pour se désaltérer, en le transformant en Libellule … Veillez donc, pour ceux qui ne souhaitent pas finir telle une zinglèt, à gentiment partager vos réserves d’eau si on vous en fait la demande !