Parc national de la Guadeloupe
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Forêt

 

Le bois-cotelette noir (Tapura latifolia), le magnolia (Magnolia dodecapetala), endémiques des Petites Antilles, le gommier blanc (Dacryodes excelsa) endémique des Antilles, l’acajou blanc (Simaruba amara) ou encore le laurier montagne, seul gymnosperme (« résineux ») de la Guadeloupe (Podocarpus coriaceus), tous des arbres de la forêt dense. La Guadeloupe constitue à elle seule, un microcosme du monde tropical, qui offre une grande diversité de milieux naturels. Le Parc National est en particulier, concerné par quatre d’entre eux :

Figuier - G.Van Laere © Parc National de la Guadeloupe
La forêt tropicale

La forêt guadeloupéenne, un des milieux naturels les plus complexes du monde, présente plusieurs niveaux de végétation, extrêmement riche et diversifiée. Un grand nombre d’espèces sont endémiques.

 

La forêt mésophile

A pluviométrie moyenne (1,80 à 3m d’eau par an), elle se trouve dans les régions les moins élevées (jusqu’à 500 m d’altitude), en aire optimale d’adhésion. Très largement défrichée par l’homme, on y trouve maintenant des bananeraies, des cultures vivrières … Elle est caractérisée par l’Acajou rouge (Cedrela mexicana), l’Acajou blanc (Simaruba amara), le courbaril (Hymenea courbaril), le bois de rose (Cordia alliodora).

 

 La forêt humide

Aussi "forêt de la pluie", elle s’étend entre 300 et 1000 m d’altitude et couvre 80 % du cœur du Parc National. Cette forêt montagnarde est dense, luxuriante et riche. Du fait de la compétition entre les plantes pour l’espace et la lumière, chacun occupe un étage particulier :

  • De très grands arbres (30 à 35 m ) : Gommier (Dacryodes excelsa), Acomat boucan (Sloanea caribaea), Châtaignier (Sloanea massonii).
  • Des arbres de taille moyenne (6 à 10 m ) : Marbri (Richeria grandis), Laurier rose (Podocarpus coriaceus).
  • Des arbustes et des herbacées (du sol jusqu’à 10 m ) : Palmiste montagne (Prestoea montana), Balisier (Heliconia caribeae), Fougères (environ 70 espèces).
  • Des plantes suspendues (un enchevêtrement de lianes, de plantes épiphytes et épiphylles) : Siguine blanche (Philodendron giganteum), Aile-à-mouche (Asplundia rigida), Ananas-Bois (Glomeropitcairnia penduliflora).

 

 © G.Van Laere - Parc national de la Guadeloupe

La croissance des arbres est remarquable. Grâce au climat, elle est quasi continue toute l’année (par exemple, l’acajou blanc peut atteindre 10 m en 10 ans et croître de 2 cm par an en diamètre). C’est une forêt dite sempervirente, c’est à dire qui reste toujours verte ou qui garde ses feuilles tout au long de l’année, par opposition aux arbres à feuillage caduc.

Une rencontre avec les géants de la forêt dense humide est inoubliable: Leurs contreforts, ces racines gigantesques qui assurent, dans un sol peu profond (caractéristique des sols géologiquement jeunes) et souvent argileux, le maintien du tronc haut parfois de plus de 30 mètres leur donnent une plus grande stabilité, exposés à la colère des vents.

 

La forêt d’altitude

  Aussi appelée "forêt des nuages" apparaît à partir de 1000 m . La végétation devient moins luxuriante, en raison du vent souvent violent, de l’excès d’humidité (7 à 12 m de pluie par an) et de la persistance des nuages (pratiquement 300 jours par an). Elle n’excède pas 1,50 m de hauteur et prend un aspect rabougri. On y trouve surtout des savanes composées d’ananas montagnes rouges (Pitcaimia bifrons) ou jaunes (Guzmania plumierii), de thym-montagne (Tibouchina ornata). Les seuls arbres sont le mangle de montagne (Clusia venosa) et le laurier rose (Podocarpus coriaceus). Les très hauts sommets sont recouverts de mousses, de lichens, de lycopodes. Dans la forêt tropicale primaire, une flore importante et variée se développe, comprenant 300 espèces d’arbres et d’arbustes, quelques centaines d’espèces d’orchidées.

 

 
 Forêt sèche ou xérophile :

Rappelons que cette végétation vit dans des régions ou le niveau annuel des précipitations se situe entre 1000 et 1500 mm avec une température annuelle de 25-26°C et est située aussi bien en zone calcaire qu’en zone d’origine volcanique. Parmi les arbres dominants en zone calcaire, en plus du bois-cannelle, se rencontrent l’acomat bâtard (Sideroxylon salicifolium), le mapou gris (Pisonia subcordata), le gaïac (Guaiacum officinale), petit arbre ramifié à fruits jaune-orangé ou ne subsistent que quelques pieds dans la nature, notamment à Petite Terre.

Parmi les arbres dominants en zone volcanique, s’observent le bois de rose (Cordia alliodora), grand arbre à fuilles caduques, le bois-savonnette (Lonchocarpus punctatus) à écorce grise, le bois d’Inde (Pimenta racemosa), arbre aromatique de taille moyenne ou encore le courbaril (Hymenaea courbaril), l’un des plus beaux arbres de la forêt sèche, qui mesure jusqu’à 30 mètres de haut et dont les goussent épaissent contiennent de grosses graines enfermées dans une pulpe farineuse comestible et légèrement sucrée.

Quelques arbres vivent aussi bien en sol calcaire que volcanique, tels le mahogany petites feuilles (Swietenia mahagoni) au fruit caractéristique en forme de capsule coriace, le raisinier grandes feuilles (Coccoloba pubescens), ou encore l’acomat franc (Sideroxylon foetidissimum), arbre d’une trentaine de mètres aux contreforts majestueux.