Parc national de la Guadeloupe
-A +A
Share

Phase 1 du Projet PROTÉGER

Phase 1 du Projet PROTÉGER

Le fonctionnement d’un cours d’eau dépend en partie du bon état écologique de sa ripisylve (végétation bordant le cours d’eau). Pendant de nombreuses années et encore aujourd’hui, les politiques d’aménagement des écosystèmes rivulaires, ont généré l’artificialisation des cours d’eau, afin de protéger les populations des risques d’inondations notamment. Cependant, ces techniques de génie civil, prenant la forme d’endiguements par exemple, présentent un impact direct négatif sur la structure et le fonctionnement de la ripisylve, et indirectement sur les cours d’eau. Des techniques alternatives s’inspirant de la nature ont été développées depuis de nombreuses années, notamment en métropole : le génie végétal. Contrairement au génie civil, le génie végétal fait appel à des techniques plus douces pour l’environnement, plus économiques en termes de coût d’aménagement, et détient une valeur paysagère non négligeable...

Crédit photo: L.Procopio
Crédit photo: L.Procopio

C’est donc dans ce contexte, que le Parc national de la Guadeloupe, en partenariat avec l’Institut National de la Recherche Agronomique Guadeloupe, l’Université des Antilles, l’Institut National de Recherche en Sciences et Technologies pour l’Environnement et l’Agriculture, le Bureau de Recherches Géologiques et Minières, l’Office de l’eau Guadeloupe, l’Agence Française pour la Biodiversité, la Région Guadeloupe, la Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement Guadeloupe, l’Office National des Forêts ainsi que l’Union Européenne, via son Fonds Européen de Développement Régional, a choisi de développer un projet de génie végétal. A travers le projet PROTÉGER : « Promotion et Développement du Génie-Végétal sur les rivières de Guadeloupe », le Parc national de la Guadeloupe et ses partenaires s’engagent pour une meilleure conservation et protection des cours d’eau, ainsi que pour une gestion plus écologique et efficace des risques d’inondation sur le territoire guadeloupéen.

Objectifs de la Phase n°1

Lors de la mise en œuvre du projet, le constat est clair : il existe un manque de connaissances considérable concernant les ripisylves en Guadeloupe. Par conséquence, la phase 1 du projet PROTÉGER, a eu pour objectifs de réaliser une typologie des ripisylves, d’en étudier leur structure et leur fonctionnement, et de dresser une liste d’espèces potentiellement utilisables en génie végétal et adaptées au territoire.

Les différentes étapes

La première étape de cette phase 1 a été de définir des cours d’eau qui serviront de base à cette étude. Il fallait que ceux-ci soient représentatifs de l’ensemble des unités écologiques, hydrogéomorphologiques, géographiques et anthropiques. Quinze cours d’eau ont ainsi été sélectionnés, pour 266 berges au total (les cours d’eau au-delà de 500 mètres d’altitude ont été exclus). (voir le rapport de la phase 1 pour plus de précisions sur la méthodologie utilisée).

Localisation des 15 cours d’eau sélectionnés pour la phase 1 du projet PROTÉGER
Localisation des 15 cours d’eau sélectionnés pour la phase 1 du projet PROTÉGER

Sur chacune de ces berges, plusieurs paramètres ont été ainsi relevés, afin d’alimenter 5 bases de données :

  • La « base berges », permet de récolter des informations concernant la morphologie du cours d’eau, son niveau d’anthropisation, la qualité de l’eau,…
  • La « base Profils » héberge des schémas, sur lesquels sont illustrés le relief de la berge, ainsi que les différentes espèces présentes en fonction du relief.
  • La  « base Cortèges », contient des informations concernant le recouvrement des différentes espèces végétales présentes sur la berge.
  • La « base Génie », liste les différentes aptitudes au génie végétal, dont disposent les espèces présentes observées.
  • Enfin, la « base Photos », héberge pour une vision plus fine, des photos de chaque berges étudiées.

Ces différentes bases de données permettent ainsi, de définir une liste d’espèces utilisables en génie végétal, mais également d’améliorer la connaissance d’une partie des différents profils de ripisylves pouvant être rencontrés en Guadeloupe.

Les résultats Crédit photo: L.Procopio
Crédit photo: L.Procopio

 

Les résultats

Cette première phase a permis d’étudier et d’inventorier 266 berges au total, 12 types de ripisylves ont ainsi été définies. Les inventaires botaniques, ont permis de détecter 302 taxons dont 80 potentiellement utilisables en génie végétal. Au final, ce sont 30 espèces qui ont été inscrites dans la liste des espèces utilisables en génie végétal avec une approche multi-strates (16 espèces d’arbres, 6 d’arbustes, et 8 d’herbacées). On retrouve ainsi des espèces telles que Inga ingoides (Poix-doux poilu), Mimosa pigra, Selaginella flabellata

L’étude a également permis de faire émerger d’autres problématiques environnementales majeures en Guadeloupe:

  • La pollution des cours d’eau de l’île (59 % des berges sont polluées) ainsi que
  • la forte présence d’espèces exotiques envahissantes (75 % des berges inventoriées sont concernées).

 

Perspectives

La suite du projet a pour objectif d’une part de confirmer ou non, l’intérêt de l’utilisation des 30 espèces pré-sélectionnées en génie végétal, et d’autre part d’affiner les connaissances sur leurs conditions de culture et de développement. Pour cela, des tests de cultures (semences, plants ou boutures) seront effectués en pépinières, puis in situ, et mises en œuvre dans des projets pilotes au cours de la période 2019-2022. A l’issue de ces expérimentations, des supports de vulgarisation seront produits et l’implantation d’une filière locale de production de végétaux, destinés à des travaux de génie végétal sera mise en place.

Inga ingoides
Mimosa pigra
Selaginella flabellata