Parc national de la Guadeloupe
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Le 11/05/2022
Scientifique

A l’occasion de la journée mondiale des espèces menacées le 11 mai, le Parc national de la Guadeloupe fait un focus sur les tortues marines.

Des tortues ? Cinq espèces de tortues marines sont présentes en Guadeloupe : la tortue Luth, la tortue imbriquée et la tortue verte sont les espèces qui se reproduisent sur l’archipel, à la différence des tortues olivâtre et des tortues Caouanne qui sont considérées comme visiteuses occasionnelles.

Photo 1 : Tortue imbriquée (Erethmochelys imbricata) crédits Julia Bos PNG; photo 2 : Tortue verte (Chelonia mydas) crédits Didier Baltide PNG; photo 3 : Tortue Luth (Dermochelys coriacea)

Menacées ? La tortue verte et la tortue Luth sont classées en danger sur la liste rouge Guadeloupe de l’IUCN en 2021. La tortue imbriquée elle, est classée quasi menacée au niveau de la Guadeloupe mais en danger critique d’extinction au niveau mondial. Cette dernière peut en effet se rencontrer assez facilement sur l'archipel mais est devenue très rare au niveau mondial ce qui implique de les tortues présentes en Guadeloupe sont très importantes pour l'espèce au niveau mondial.

Protégées ? Afin de protéger ces espèces, le Plan National d’Actions (PNA) en faveur des tortues marines des Antilles Françaises planifie la stratégie de conservation de ces espèces à travers 36 actions sur des volets de connaissance, sensibilisation et conservation. Parmi elles, l’action 24 du PNA consiste à « Assurer un suivi des populations de tortues marines en reproduction aux Antilles françaises ». Cette action fait écho à l’objectif 1.1.1. de la charte du territoire du Parc national de la Guadeloupe : « Mieux connaître et partager la connaissance sur les patrimoines naturel, culturel et paysager de la charte du territoire » et à la mesure 1.1.1.2 : « Suivre la dynamique des populations des espèces patrimoniales ».

Les agents du Parc à l’ilet Kahouanne, crédits Simone Mège PNG

Kahouanne ? Le Parc suit l’activité des pontes des Tortues marines sur l’îlet Kahouanne dans le Grand Cul-de-Sac Marin. Cet îlet situé en cœur de Parc possède deux plages qui ont servi de lieu aux suivis. Pour faciliter le suivi, les plages ont dénommées selon leur orientation : « Plage Côte sous le Vent (CSV) » située a l’ouest de l’îlet et « Plage Grand Cul-de-Sac Marin (GCSM) » à l’est de l’îlet.

Quand ? Les suivis s’étalent sur la période allant de juin à septembre (Pour 2021 : 3 passages en juin ; 7 passages en juillet ; 9 passages en août et 8 passages en septembre). Au total c’est 27 passages sur l’îlet qu’ont réalisés les agents du Parc National de la Guadeloupe en 2021.

Qu’a t’on vu ? Lors des passages sur l’îlet, les agents relèvent le nombre de traces et estiment le nombre de pontes. Toutes ces informations sont ensuite transmis à l’ONF, actuel animateur du PNA.

En 2021, le nombre total de traces comptées était de 339, 210 sur la plage coté CSV et 129 sur la plage coté GCSM. 103 activités ont été recensées pour les tortues vertes et 236 activités pour les tortues imbriquées, zéro pour les tortues luth. La plage CSV a été relativement peu fréquentée par les tortues vertes (environ 40 activités) mais au contraire très fréquentée par les tortues imbriquées (environ 170 activités). La plage GCSM a elle été fréquentée par les deux espèces (environ 60 activités chacune).

Toutes plages confondues, sur cette seule année, le succès de ponte estimé est plus important pour les tortues vertes (38 %), que pour les tortues imbriquées (24%).

De nombreuses années successives de suivis seront nécessaires pour confirmer ces observations et en tirer des tendances fiables.

Légende : « CM » : Chelonia mydas, « EI » : Erethmochelys imbricata. « Ponte ? » : Possibilité de ponte/si on pense qu’il y a eu ponte, « ? »: questionnement sur la ponte/si on ne sait s’il y a eu ponte ou non, « Pas ponte ? » : probabilité de non ponte/si l’on pense qu’il n’y a pas eu ponte.

Qu’en retient-on ? L’îlet Kahouanne est un lieu vierge de toute habitation humaine, il est donc un lieu de reproduction idéal pour les tortues marines qui y trouvent un endroit peu perturbé pour pondre : pas de dérangement lié à la présence de l'humain, ni dérangement sonore ni lumineux. Il est important de continuer à préserver cet îlet paisible, pour les tortues mais également pour toutes les autres espèces, animales et végétales, qui bénéficient également de la quiétude du lieu pour leur maintien et leur reproduction.